« Changement. Prends le wagon de tête, je monterai comme si j’étais un inconnu et je te draguerai. » Amusée, Scribe écrase sa cigarette avant de s’engouffrer dans le couloir du métro. Quelques rames plus tard, alors qu’elle craint qu’il n’apparaisse pas, elle l’aperçoit. Costume, cravate.
Ils marchent dans les rues côte à côte. Jusqu’alors, elle n’a jamais accepté de suivre un homme chez lui. Quoique. En y réfléchissant bien, c’est arrivé une fois où elle était si ivre qu’elle a passé de longues minutes à se sentir minable dans les toilettes… Touche-moi, là, touche-moi. Touche-moi ou je te viole sur place. Ocelot pose sa valise qui pèse le poids de plusieurs parpaings, les chaussures, sans doute. Scribe ouvre grand ses yeux, calcule le canapé, les tables, les plans de travail. Elle aimerait le goûter partout, histoire de laisser des traces invisibles d’elle dans toutes ses pièces.
– Comment tu trouves mon chez moi ?
– Viens…
Ses lèvres. Putain de dieu, ses lèvres. Comment a-t-elle pu vivre tous ces jours sans avoir ses lèvres à porter de bouche ? Et ses mains ? Et ses doigts ? Et le goût de sa peau ? Celui de sa queue ? Ocelot, tu me rends dingue de toi…
– J’aime.
– Tu aimes ?
– Oui… Tu m’as manqué.
Les heures glissent au cadran de leurs montres. Aucun des deux n’y jette un regard. Ils ont tout leur temps. Du reste, ils ont jeté leurs vêtements un peu partout dans la pièce avant de tomber sur le canapé. La jeune femme dépose ses bagues et sa montre sur la table basse. Ocelot allume une cigarette. Il lui raconte sa nuit avec ces trois hommes et rit encore du compliment que lui avait tourné le bisexuel.
– C’est vrai que tu lui ressembles. La forme de tes yeux… La coupe de tes cheveux… Un de tes sourires aussi… Il faudrait que je le goûte pour comparer plus en profondeur.
– Salope !
– Répète…
Le jeune homme la retourne et prend la main. Assise entre ses cuisses, le dos appuyé contre son torse, Scribe savoure pleinement l’instant. Ocelot est enfoncé en elle jusqu’à la garde. Elle est totalement prisonnière de ses caresses. Il joue avec son clitoris, lui raconte ce qu’il va lui faire tout contre l’oreille.
– Tu mouilles… J’aime te faire mouiller… Hmmm. Tu es un vrai torrent. Je suis trempé. Ton vagin est si doux, si…
Scribe jouit une première fois. La première fois d’une longue série. Il lui racontera les spasmes de son vagin autour de sa queue. Il lui dira combien il aime l’entendre lui dire qu’elle jouit. Il lui contera comment il la prendra aujourd’hui, demain, maintenant. Scribe abaisse sa garde. Elle jouit. Son corps ne lui obéit plus, le salaud.
– Tu les comptes ?… Je veux t’entendre me dire que tu jouis… Je sens tes spasmes. Viens, viens…
Passé le cinquième, la belle a cessé les additions.
– Je suis folle de toi…
Ocelot pince ses tétons, malaxe ses seins. Elle a envie de son gland sur ses lèvres. Elle a envie de son gland dans sa bouche. Elle a envie de le retourner et de le prendre comme une amazone.
Lequel des deux propose à l’autre de monter là-haut, dans la chambre ? Il s’éclipse à la douche pendant qu’elle fume lentement un nouveau joint. Quand elle se lève, elle vacille en riant. La douche la dégrise légèrement. Ce flottement qu’elle découvre lui plaît. Plus, elle détesterait.
Scribe s’avance vers le lit. Il la regarde venir à lui, allongé sur le dos, un bras derrière la tête. Rapidement, elle le recouvre de son corps, lui murmure contre la bouche qu’elle adorerait l’attacher. Juste les poignets pour qu’il puisse encore lui tirer les cheveux quand elle le prend dans sa bouche. Il sourit.
– Tu crois vraiment que c’est toi qui mènes la danse ?
Scribe lui mord la lèvre en tentant de l’empêcher de bouger.
– Peut-être que je n’ai pas la main. Peut-être que c’est une illusion. Mais ce que je te fais là maintenant avec mon vagin…
– Han…
– Tu aimes ?
– Han…
– Je crois que tu aimes.
– On raconte que lors de leur nuit de noce, la jeune épouse indienne devait faire jouir son mari en le touchant uniquement de son vagin. Il ne la touchait pas non plus.
– Tu aimes ?
– J’adore. J’adore. J’ai envie de te prendre par derrière. De m’enfoncer jusqu’à la garde.
Ils finiront par s’endormir quelques heures avant de reprendre leurs jeux aussi sexuels qu’érotiques. Deux nuits et trois jours à se provoquer, à se lécher, à se toucher, à s’enfoncer, à s’embrasser, à se prendre, à se sucer. Il cuisinera pour elle. Scribe le regardera faire. De temps en temps, elle viendra caresser ses fesses offertes. Ocelot ne portera qu’un tee-shirt et un tablier.
– Tu m’as épuisé. Je vais mettre plusieurs jours à récupérer.
Scribe lui sourit.
– Moi aussi j’ai des courbatures.
– J’ai envie que tu me réserves ta croupe.
– Je ne veux pas promettre. Mais j’essayerai… Est-ce que je te demande moi, de ne pas revoir ta jolie asiatique ?
– Tu étais où, avant ?
– Et toi ?
– Je n’ai pas envie que tu partes.
– J’aimerais pouvoir ne pas partir.
Dans le train qui la ramène à sa chambre carmélite, Scribe lui écrit.
« Jaguar, ça t’irait aussi très bien. »
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